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Le petit potager : Introduction



Il y a 3 mois nous avons déménagé. Nous sommes arrivés dans cette maison cachée au fond d'une impasse, construite il y a 10 ans sur les ruines d'une corderie. Elle se situe près du Jardin des Plantes à Rouen, un quartier rempli de chantiers de constructions, le plus proche étant à l'entrée de notre impasse.









À part ce joli poumon qu'est le Jardin des Plantes, nous sommes entourés de gravier, de bitume et  de béton. Nous ne comptons pas rester très longtemps dans ce quartier, quatre saisons sûrement, une année... Nous avons cet espoir fou de repartir ensuite à l'ouest, à la campagne. Mais Pierre a décidé d'utiliser cette année dans cette maison pour expérimenter : Il se lance dans un potager.

Voici donc le plan du terrain avec ses différentes parties. La maison au sol doit faire à peu près 40m2, le jardin, lui doit donc faire environ 60m2. L'avant de la maison est recouvert de graviers étalés sur une bâche plastique. Nous avons un garage en bois qui nous sert d'espace de stockage pour le moment. À l'arrière de la maison il y a ce jardin qui nous intéressait.







Le lieu est pauvre, un tiers de ce jardin est recouvert d'une couche de bitume et dans la partie végétale, dès qu'on creuse on tombe sur des gravats, de la laine de verre, de l'amiante, des culots de bouteilles, etc... La terre elle, ressemble à de la poussière noire, et dessus, avant notre arrivée, ne poussait qu'un peu de mousse et quelques touffes d'herbe.



Même si l'endroit est loin d'être parfait, c'est le lieu que nous avons trouvé pour cette année, et c'est ici que Pierre va pouvoir se lancer. Ça fait longtemps maintenant, qu'il se renseigne sur comment faire pousser des légumes. C'est quelque chose qui nous tient à coeur à tous les deux, l'acquisition de ces connaissances pratiques là et l'autonomisation de nos besoins alimentaires. Voici que doucement nous nous mettons en marche...



Nous n'allons cependant pas mettre beaucoup d'argent dans la réalisation de ce potager. Nous n'en avons pas les moyens, et de toute manière, comme nous ne souhaitons pas rester longtemps ici, ça n'en vaudrait pas la peine. Pierre en profite pour jouer la carte des vides greniers, de la récup et du glanage. Il récupère des palettes sur les chantiers alentours, fait attention aux encombrants, et glane des bouts de bois en forêt ou ailleurs. Nous choisissons de jouer avec l'économie de moyens et le recyclage.



Cette année, tous les mois, nous essayerons de faire le point sur l'avancement de ce chantier ici même. Nous pourrons ainsi évaluer l'évolution du potager et de nos choix, de nos essais, en forme d'avant - après. Je posterai dans peu de temps un premier message pour expliquer ce que Pierre a réalisé au mois de juillet, puis nous continuerons ainsi de manière mensuelle, jusqu'au jour où nous quitterons ces lieux. 

Notre chat Isaac est pour le maraîchage "sol vivant" et approuve pleinement nos choix... (malheureusement pour les navets et les haricots)

Choisir d'allaiter


Les femmes modernes ont un choix que leurs ancêtres n'avaient pas : celui d'allaiter ou pas. Avant, il y a très longtemps, si on choisissait de ne pas allaiter son nourisson, il avait de très grandes chances de mourir. Aujourd'hui, on va au supermarché ou à la pharmacie acheter du lait maternisé et c'est réglé. Allaiter son enfant est un choix, allaiter son enfant est une mode : "Ah tiens, allaitement exclusif jusqu'à 6 mois, dis donc à mon époque c'était différent, ça change tout le temps, dans quelques années ils nous diront encore autre chose..."

Allaiter, aujourd'hui, relève de la décision. "Avez-vous choisi ?" disent les sages-femmes à la maternité. "Pour votre bébé, qu'est-ce que ce sera, allaitement ou biberon ?" comme on passerait commande au restaurant, "Steak frite ou boeuf bourguignon ? - Attendez... j'hésite, l'allaitement me tente bien mais le biberon m'a l'air aussi pas mal, je crois que je vais réfléchir encore un peu, repassez dans 10 minutes."


Pourtant, si on se renseigne un peu plus sérieusement, on se rend compte très vite que les deux plats ne se valent pas, et qu'à tous les niveaux l'allaitement gagne, pour la maman, pour le bébé. Tous les arguments en faveur du lait maternisé sont en fait des arguments de confort pour les parents et non pour l'enfant. "Pour que la maman puisse se reposer", "Pour savoir la quantité que bébé avale", "Pour que papa s'implique".

 Des arguments de confort pour les parents, parce que les parents, ils en ont déjà assez à affronter, ils doivent se lever le matin pour aller travailler, faire un travail souvent ingrat toute la journée, rentrer tard le soir, faire de longs trajets, affronter les bouchons, la cohue du métro, les mamans n'ont pas la possibilité de tirer leur lait, elles doivent aussi penser à préparer le dîner, étendre le linge, aller faire les courses... Et l'allaitement, c'est moins malléable que le biberon, ça demande du temps, de la patience, de l'endurance.

 Alors oui, le confort des parents... si on peut dire. Leur survie aussi sûrement. Où est leur place, dans cette société moderne ? Comment nait-on parent ? Comment assure-t-on son rôle ? "Faites des gosses, vous inquiétez pas derrière c'est nous qu'on gère, de 2 mois et demi jusqu'à 25 ans, de la crèche au master, vous n'aurez qu'à vous en occuper de 6 heures du soir à 6 heures du matin ! Continuez de troquer votre temps contre de l'argent, on s'occupe du reste !"
 

Cette société, leur permet-elle réellement d'exister dans leur rôle de gardiens de l'enfant ? Leur laisse-t-elle vraiment la liberté de faire leurs choix, leurs vrais choix profond ? Toutes ces mamans que nous croisons et qui nous disent avoir dû arrêté d'allaiter "car je n'avais pas assez de lait", "car mon lait n'était pas assez nourrissant" et auxquelles nous répondons par un sourire compréhensif tout en s'indignant intérieurement : comment a-t-on pu leur dire de telles bêtises !!

 Sûrement parce que c'était plus pratique pour le soignant, que ça demandait moins d'effort et moins de temps... et que du temps, les soignants n'en ont plus, qu'ils ont des comptes à rendre, que le temps c'est de l'argent. "Oui, je vois bien qu'il hurle votre bébé de 3 jours quand je lui mets le thermomètre dans l'anus alors qu'il sort du colostrum, mais j'ai pas le temps d'attendre, j'ai 20 chambres à faire, alors si je devais prendre le temps pour chaque enfant je n'aurais jamais fini à l'heure." Pauvre sage-femme stressée, débordée, comment en est-tu arrivée là ? À devoir te fermer aux cris d'un bébé de 3 jours pour pouvoir rester debout jusqu'à la fin de la journée...


Nous avons de la chance, la chance d'avoir conscience du choix. Nous choisissons à deux et nous choisissons d'allaiter. À travers cette décision, nous nous rattachons à la nature de notre enfant, à son continuum. Nous décidons d'écouter avant tout son confort, de respecter ses besoins. Et ce choix n'est pas toujours facile, pas toujours évident, les besoins de notre nouveau né bousculant fréquemment notre habitus bien ancré. Mais à travers ce choix, nous partons en voyage, un voyage vers notre propre humanité, vers notre propre continuum. Et quel beau voyage...

ps. pour chercher à comprendre : l'art de l'allaitement maternel - Le concept du continuum

S'équiper pour passer aux couches lavables

Lorsqu'on doit changer les couches de son bébé plusieurs fois par jours, qu'on soit aux couches jetables ou lavables, il est nécessaire de s'équiper d'objets auxiliaires pour pouvoir bien tourner. Nous avons la grande chance de ne pas avoir connu les couches jetables. (en dehors des 3 premiers jours à la maternité, où tout le personnel vantait "le petit trait jaune qui devient bleu quand bébé fait pipi" des pampers) Nous avions donc réfléchi en amont sur le petit nécessaire du parent écolo pour couches lavables. Nous avons rodé, éprouvé, revu ce nécessaire au fil des premiers mois et voici ce qui nous semble indispensable aujourd'hui, au vu de notre expérience :

N°1 : Une machine à laver le linge 
De préférence discrète, surtout si elle se trouve dans une pièce passante. Le sèche linge n'est pas indispensable, même quand on habite dans une région humide (si on choisit un système de couches qui sèchent vite). Si la discrétion n'a pas lieu d'être, on peut ajouter dans la machine des balles de lavage, qui permettent d'utiliser moins de lessive et d'adoucir le linge (mais qui font du bruit).
N°2 : Un étendoir spacieux et discret
Plutôt qu'un séchoir tancarville qui prend de la place au sol,  pensez aux espaces libres en hauteur que vous pourriez investir. Dans notre appartement, nous avions une mezzanine, nous avons donc acheté 3 étendoirs Antonius d'Ikea que nous avons accrochés sur la partie extérieure de la rambarde de cette mezzanine. De cette manière, les langes, couches et vêtements n'envahissaient pas notre espace à vivre.
N°3 : Une poubelle pour les couches sales
Pour stocker les couches sales, nous avons choisi d'investir dans une jolie poubelle Brabantia de 20L. Elle a plusieurs avantages : elle est à pédale et se referme sans faire de bruit, on peut donc s'en servir sans les mains et sans gêner bébé. Son système de fermeture anti-odeurs permet de la mettre dans une pièce de vie sans que les couches ne parfument l'atmosphère. De plus, elle a un contenant à l'intérieur qui est séparable de la poubelle et qui permet donc d'emporter toutes les couches d'un coup et de les verser dans la machine sans mettre les mains dedans. Et pour finir, elle est jolie, donc tolérable à la vue où qu'elle soit et sur le long terme.
N°4 : Des panniers de rangement
Nous avons choisi les paniers House Doctor en taille M et S. Nous y avons d'abord rangé les langes et les sur-couches (la taille M est parfaite pour 24 langes / la taille S convient à 4 sur-couches) puis désormais les langes (t.M), les inserts hamac (t.M), les nacelles T-mac (t.S) et les voiles de protection (t.S). De cette manière, lorsqu'on change de couche, on peut piocher ce dont on a besoin d'une main et tout assembler rapidement. Quand notre fils était petit, le tout était posé à côté du tapis à langer,  sur une planche de l'étagère de notre chambre. Aujourd'hui qu'il gigote beaucoup plus et n'a plus de tapis à langer, ces paniers sont rangés à portée de main dans la bibliothèque du salon, à côté de ses jouets.
N°5 : Des lingettes lavables
Quand on choisit des couches lavables plutôt que jetables, il n'y a qu'un minuscule petit pas à faire de plus pour passer des cotons jetables aux lingettes lavables... Nous avons acheté les nôtres, bi-face en chanvre et coton bio (lulu nature), mais il est aussi possible de les réaliser soi-même (voir chez Nozoaï par ex. pour les explications). Ils partent dans la poubelle à couches avec le reste et sont lavés en même temps.
N°6 : Les petits plus... 
Un sac en tissus ciré pour stocker les couches salles quand on est en déplacement (Nous avons un sac Popolini, mais on peut aussi le faire soi-même, comme par exemple avec les très beaux tissus cirés de La Mercerie de Rosalie). Du savon noir pour laver les tâches récalcitrantes (Notre chouchou : Le savon noir de Marius Fabre). 

Couches lavables : les langes

Lorsqu'on attend un enfant et qu'on est sensible au "zéro déchet", il est naturel de se tourner vers les couches lavables, qui nous permettront de tourner en vase clos jusqu'à la propreté de notre enfant. Cependant, devant l'éventail des systèmes qui existent sur le marché, il est difficile de faire son choix, et d'être sûr de faire le bon. Nous avons, de notre côté, écouté le bouche à oreille tout aussi bien que suivi nos intuitions personnelles. Nous vous parlerons ici d'un des systèmes que nous avons testé : le lange.


Le lange est le plus ancien des systèmes de change. Pendant longtemps, on emmaillotait les bébés dans ces grands carrés de tissus qui servaient aussi bien à recueillir leurs excréments qu'à les maintenir bien droits (pour qu'ils aient une bonne croissance, pensait-on). Les bébés baignaient dedans régulièrement et n'étaient changés que lorsque leur maman avait le temps. Ce système a été vivement critiqué par les médecins au début du XXe siècle, et fut petit à petit abandonné.


Cependant, Pierre aimait l'idée des langes, de ces carrés de tissus pliés. Il s'agissait pour lui de la solution la plus simple et la plus saine. Nous avons donc décidé de nous y coller et d'y associer des sur-couches en laine pour continuer dans les matière naturelles et biodégradables. 


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Les langes

Pour pouvoir démarrer, nous avons investi dans 24 langes Disana 80 x 80 cm. Ces langes rétrécissent  un peu au premier lavage et s'épaississent aussi. Il est nécessaire de les laver au moins 3 fois avant de commencer à s'en servir pour qu'ils soient absorbants. Cette capacité d'absorption augmentera ensuite au fil des lavages. Petit à petit ils prennent un aspect rêche mais n'abîment pas pour autant les fesses.

Pour les compléter, nous avons aussi investi dans 6 inserts Popolini que nous ajoutions pour la nuit ou avant les longs trajets en voiture. Ils servaient à augmenter la capacité d'absorption de la couche. Ils doivent, pareil, être passés en machine au moins 3 fois avant de servir, étant aussi en coton. Un gand avantage du lange : une fois déplié il sèche très vite, même dans une région humide. (ce qui est loin d'être le cas de beaucoup de couches lavables...) Un autre avantage est que ces langes carrés sont presque inusables et sont multitâches, près de bébé mais aussi dans la maison. (Maintenant ils nous servent de bavoirs pour la diversification)

BUDGET
24 Langes Disana : 8 x lot de 3 à 9,90 € = 80 €
6 Inserts Popolini : 3 x lot de 2 à 6 € = 18 €
Total = 98 €

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Les sur-couches

Concernant les sur-couches, nous avions aussi bien des sur-couches en laine (ManymonthsPopolini, Disana) que des sur-couches en PUL (Popolini Vento Bravo). Ces dernières sont aussi très pratiques, mais elles laissent des marques au niveau des élastiques et sont moins respirantes. Quand bien même elles ne sont pas nos préférées, nous nous en sommes beaucoup servi aussi. 


Pour ce qui est des surcouches en laine, il faut les lanoliser avant de s'en servir. Pierre l'a fait sur les conseils de Mamoulia et avec de la lanoline Ulrich. Nos préférés sont les shorties et longies manymonths, même s'ils sont faits en Chine et coûtent beaucoup plus cher. Ils tiennent bien à l'usage, ne se déforment pas et sont assez fins. La taille XS nous a été très utile au début (de 0 à 3 mois), et les longies S ont été mis de la naissance à presque 6 mois. À contrario, les surcouches Disana et Popolini (qui se ressemblent comme deux gouttes d'eau) sont beaucoup moins chères mais se feutrent et se déforment dans le temps. 


L'inconvénient des sur-couches en laine est qu'elles sont plus compliquées à nettoyer que celles en PUL et sèchent beaucoup moins vite. Si le lange est bien mis et que les selles ne fuient pas c'est un système génial car il n'y a rien à laver. Lorsque la sur-couche est humide ou sent trop le pipi, il suffit de la laisser s'aérer quelques heures pour qu'elle se nettoie toute seule (et ce pendant 1 à 2 semaines avant de devoir la laver). Mais si bébé a beaucoup de selles et que le lange fuit, ça peut vite devenir un cauchemar de lessive... 
Le mieux pour laver les surcouches en laine et la laine en général (petits pulls, bodies, béguins...) : le shampoing pour bébé (bébé qui, lui, n'a pas besoin de shampoing !).

BUDGET
3 sur-couches Manymonths XS : 3 x 30 € = 90 € / ou 3 sur-couches Popolini S : 3 x 12 € = 36 €
3 sur-couches Manymonths S : 3 x 30 € = 90 € / ou 3 sur-couches Disana 62/68 : 3 x 13 € = 39 € Lanoline impregnation  = 8 €
           Total = 188 € / ou 83 €

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Le pliage

Une fois équipé, il faut apprendre à plier le lange pour en faire une couche. Selon l'âge du bébé, deux solutions sont possibles. Certains parents vont jusqu'à la propreté avec le pliage "Taille 2" en le modifiant au fur et à mesure que l'enfant grandit. (pour ce faire il est important d'avoir des langes d'au moins 80 cm de côté) Ces pliages sont ajustables au gabarit du bébé et évoluent avec lui sur-mesure. 


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Le bilan

De 0 à 6 mois, il est donc possible de tourner avec ce système, on peut même continuer en rajoutant encore 2 tailles de sur-couches pour aller jusqu'à la propreté. Le prix va de 181 € à 286 € de 0 à 6 mois ou de 264 € à 475 € jusqu'à la propreté. Les premiers mois les snappis ne sont pas indispensables et avant 6 mois les voiles de protection ne servent pas à grand chose si le bébé est allaité.
 

Les pours : 
- Le système de couches lavables le plus économique du marché. 
- Change 100% biologique et biodégradable qui respecte la peau fragile du bébé. 
- Temps de séchage des langes très rapide comparé à d'autres systèmes. 
- Les langes sont presque inusables, et sont multitâches dans la maison.

Les contres : 
- Avoir à assumer son choix (rétrograde pour beaucoup...). 
- Passer 30mn tous les 3 jours à plier les langes séchés. 
- Devoir changer le lange toutes les 3 heures maximum. 
- Pas d'effet "au sec" : quand la couche est bien mouillée, les fesses du bébé baignent dedans. 
(mais certains disent que ça favorise la continence)

Les raisons qui nous font arrêter : 
- Ismaël est très dynamique et défait systématiquement le pliage T.2 lorsqu'on lui met.
- Il joue avec ses pieds, se retourne, et nous cherchons un système qui ne limite pas ses mouvements. - Étant allaité, ses selles débordent trop souvent et Pierre est fatigué de la lessive de la laine.
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Ils en parlent ailleurs sur la toile : Atelier Naturel, O'nappy, Au pays des langes.