Finistère : année zéro


On pensait rester à Rouen plus longtemps, trouver des placébos à notre mal du pays, à notre besoin de verdure humide, d'air salé et de cailloux granitiques. On ne voyait pas d'alternative à l'équation Maman est prof ici / Papa s'occupe de Mimi. On rêvait pouvoir rentrer l'été prochain mais c'était déjà un rêve un peu fou... Un espoir souterrain. 

Et puis quelque chose s'est passé, on est arrivés au bout de la voie sans issue, au fond du trou. On ne pouvait plus avancer et on a dû diverger. On est arrivés à ce moment fugace où la décision folle est possible, comme une chance à saisir, un coup de tête givré et lumineux.

Alors on est rentrés, on a mis notre vie sans dessus dessous, on a tout chamboulé, on a loué un camion, posé un préavis, et on a tout remballé. En 2 semaines on avait disparu. Maintenant nous voilà coincés dans l'entre-deux, déjà bien partis mais pas encore vraiment arrivés. En cours d'atterrissage.

En ce moment on loge dans la maison de la grand-mère de Pierre, dans la ferme familiale. Cette grand mère est morte il y a un moment maintenant, mais vivre ici nous permet, à Ismaël et à moi-même, d'apprendre à la connaître un peu. Une bonne manière d'atterrir en Finistère. 

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